L’Expert comptable au Maroc et la réglementation de la profession

A partir des années 90 et sous l’effet de l’ouverture de l’économie marocaine et de la privatisation d’un ensemble de sociétés relevant du secteur public, le renforcement du contrôle externe de la situation financière et comptable de l’entreprise, s’est avéré indispensable pour faire régner un climat de transparence et de confiance dans le milieu d’affaires marocain. 

Dans ce cadre, la loi n°15-89 du 8 Janvier 1993 règlementant la profession d’expert comptable et instituant un ordre des experts comptables, est venue accompagner cette évolution pour une meilleure protection de l’épargne et la garantie de la sincérité et la loyauté dans la gestion du patrimoine de l’entreprise.

Ce dispositif juridique a définit le statut et la mission de l’expert comptable et de l’organisation professionnelle de la fonction du commissaire au compte en s’inspirant des normes et standards internationaux dans un objectif d’adaptation de la profession aux exigences de la pratique internationale.

La loi 15-89 exige pour l’exercice de la fonction de commissaire aux comptes, l’inscription au tableau de l’Ordre des Experts Comptables et être titulaire d’un diplôme national d’expertise comptable ou d’un diplôme reconnu équivalent par l’administration.

Cette loi ainsi que la loi sur les sociétés commerciales confèrent, à l’expert comptable, différentes responsabilités se rattachant essentiellement à l’exercice de sa fonction. C’est ainsi que l’Article premier de la loi 15-89, définit l’expert comptable comme étant « celui qui fait profession habituelle de réviser, d’apprécier et d’organiser les comptabilités des entreprises et organismes auxquels il n’est pas lié par un contrat de travail ».

Malgré les divers apports de cette loi, la profession d’expert comptable reste exposée à des aléas liés à l’environnement de la profession, notamment la concurrence de cabinets internationaux suite à l’ouverture de l’économie marocaine, ainsi que la concurrence des comptables agrées et les prestataires informels de services comptables. De même que cette profession, d’expert comptable, reste caractérisée par l’exercice de manière individuelle, ce qui la rend plus fragile face à de grands cabinets structurés, qui intègrent d’autres activités telles que le conseil juridique et fiscal et qui sont sollicités par les sociétés internationales, qui considèrent leur signature comme signe de confiance.

Ceci devrait donc inciter nos experts comptables à mieux s’organiser et se constituer en cabinets pluridisciplinaires regroupant les compétences humaines et scientifiques susceptibles de les rendre capables de faire face à la concurrence étrangère et de gagner la confiance des opérateurs économiques nationaux et internationaux.


Imane Benchagra

Martin Levalois

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