L’arsenal législatif anti-homosexualité au Sénégal, sera bientôt corseté (Ousmane Sonko)
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko a déclaré ce mercredi 24 février, avoir déposé un « projet de loi durcissant les peines réprimant les relations homosexuelles dans le pays et visant à les rendre passibles de cinq à dix ans de prison » ferme.
Il a fait cette annonce lors d’une séance des questions-réponses orales devant le Parlement sénégalais dominé par le PASTEF (formation au pouvoir depuis mars 2024).
C’est la suite logique d’une démarche gouvernementale mise en avant le 17 février dernier, quand l’exécutif du Sénégal a affirmé avoir « examiné et adopté en Conseil des ministres, un projet de loi modifiant l’article 319 du Code pénal relatif aux relations homosexuelles ».
Avec le nouveau arsenal juridique projeté, la qualification juridique des relations homosexuelles ne change pas et reste un délit, ce qui est suffisant pour obtenir ce que nous voulons, et même plus », s’est efforcé d’expliquer le Premier ministre Sonko.
L’annonce de ce projet de loi intervient dans un contexte d’arrestations ciblées dans ce pays ouest-africain, dans le cadre d’une dénonciation à la chaîne, de pratiques homosexuelles de personnalités de premier plan.
« Toute personne qui aura commis un acte contre nature sera puni d’un emprisonnement de cinq à dix ans, contre un à cinq ans de prison actuellement », a averti Ousmane Sonko.
« Si l’acte (homosexuel) est commis avec un mineur, le maximum de la peine sera prononcé. Le juge ne pourra prononcer le sursis ni réduire l’emprisonnement au-dessous du minimum de la peine prévue », a rajouté le Premier ministre Sonko.
La nouvelle législation anti-homosexualité aura pour spécificité de définir « l’homosexualité dans le Code pénal : « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe constitue un acte contre nature », a clairement mis en lumière le tribun Sonko.
Ce projet de loi prévoit en outre « de désormais sanctionner toute personne qui aura fait l’apologie de l’homosexualité. Elle sera punie d’un emprisonnement de trois à sept ans », a indiqué dans ce sens O. Sonko.
Le pic du côté répressif de cette nouvelle législation sera la prévision « des pertes de droit civiques à l’encontre des personnes coupables qui seront privées de droits sur une période de dix ans, à compter du jour où les peines principales sont devenues définitives », a complété l’actuel chef du gouvernement sénégalais.
