Fin de la 14è Conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé sur un constat d’échec global
Après quatre jours d’intenses travaux et discussions, les assises de la 14è Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Yaoundé, la capitale du Cameroun, se sont achevées tôt ce lundi 30 mars, sans un consensus sur les dossiers clés de la réforme, l’E-commerce et de l’agriculture en raison de fortes tensions entre l’Inde, le Brésil et les Etats-Unis, des mastodontes du commercial mondial.
Les travaux de cette 14è Conférence étaient censés prendre fin le dimanche 29 mars, mais ont joué aux prolongations qui se sont avérées vaines. Un accord semblait se profiler la veille «autour d’un compromis sur cinq ans», mais le Brésil ne voulait pas «aller au-delà de deux ans», a confié ce lundi, le ministère brésilien des Affaires étrangères sur X.
Le principal corollaire de cet échec dans les négociations est que le moratoire de l’OMC empêchant l’imposition de droits de douane sur les échanges numériques dématérialisés, existant depuis 1998, a pris fin. Il s’agit d’une pilule qui passe mal pour les pays développés qui réclamaient sa reconduction, les Etats-Unis en tête.
Sur un grand nombre de sujets, «nous avons travaillé dur mais nous avons tout simplement manqué de temps», a tempéré la Directrice Générale de l’OMC, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.
«Ce n’est pas le résultat escompté», a commenté pour sa part le Secrétaire d’Etat britannique aux Affaires et au Commerce, Peter Kyle. Il a fait «état d’un revers majeur pour le commerce mondial».
Le «vœu du Cameroun, en tant que président de cette Conférence ministérielle, est de voir prévaloir un esprit de consensus et de conversion des divergences en convergences, afin d’aboutir à une Déclaration ministérielle inclusive et ambitieuse», avait souhaité le président de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC et ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le 26 mars dernier, à l’entame des travaux.
La Conférence ministérielle est l’organe décisionnel suprême de l’OMC. Elle se réunit généralement tous les deux ans.
