Guinée : Conakry privilégie le franc guinéen avant l’eco de la Cédéao

Guinée : Conakry privilégie le franc guinéen avant l’eco de la Cédéao

À l’approche du lancement de l’eco, la future monnaie unique de la Cédéao, la Guinée a choisi de conserver le franc guinéen, estimant que les conditions économiques ne sont pas encore réunies pour rejoindre une union monétaire régionale. Une position qui ne remet pas en cause sa participation aux discussions sur le projet, mais traduit une approche prudente.

Pour plusieurs économistes, l’économie guinéenne ne satisfait pas encore les critères de convergence exigés par une union monétaire. Bella Bah estime qu’une adhésion prématurée pourrait limiter les marges de manœuvre du pays. Selon lui, la priorité doit être donnée au renforcement des capacités de production et à l’industrialisation afin de mieux valoriser les importantes ressources minières du pays avant tout abandon de la souveraineté monétaire.

La structure des échanges commerciaux conforte également cette prudence. D’après l’économiste Mohamed Camara, seulement 16 % des échanges de la Guinée sont réalisés avec ses six voisins, tandis que plus de 80 % des exportations, essentiellement minières, sont destinées aux marchés asiatiques, en particulier à la Chine. Dans ce contexte, une intégration monétaire immédiate offrirait des bénéfices limités tout en réduisant certains leviers de politique économique.

En choisissant de préserver le franc guinéen, Conakry privilégie donc la consolidation de son économie avant une éventuelle adhésion à l’eco. Les États ouest-africains doivent poursuivre les discussions dans les prochains mois afin de finaliser les modalités de la future monnaie unique, notamment son régime de change et la gouvernance de la Banque centrale régionale.

Martin Levalois

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