Maghreb: Des obstacles à l’intégration commerciale détectés

Maghreb: Des obstacles à l’intégration commerciale détectés

La non-intégration commerciale et les politiques tarifaires de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) constituent de sérieux obstacles à l’intégration commerciale de la région, selon une étude sur « le coût économique du Non Maghreb »qui vient d’être publiée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

En effet, selon cette étude, les échanges entre les pays maghrébins sont quasi-nuls, caractérisés par l’absence de cohésion et l’inexistence d’une politique commune entre les pays de l’UMA visant à renforcer l’intégration commerciale.

«Les échanges de marchandises entre les pays maghrébins ne représentaient que 3,6% de leurs échanges avec le reste du monde», lit-on dans l’étude qui précise que la contribution du commerce intra-maghrébin dans le PIB de la région demeure ainsi très faible, et se situait à 2,05% en 2015.

De plus, même si les tarifs douaniers que les pays de la région appliquent avec leurs partenaires étrangers sont faibles, ils sont élevés dès qu’il s’agit d’échanges intra-maghrébins, souligne le document.

Ces tarifs élevés que s’appliquent réciproquement notamment l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, démontrent que ce sont des stratégies de compétition qui guident les politiques commerciales de trois pays sur le marché maghrébin plutôt que des stratégies de partenariat et de complémentarité, ajoute l’étude.

Le même document fait remarquer que la complémentarité du commerce est non-exploitée et l’intégration productive est limitée. «La complémentarité des exportations algériennes et libyennes avec les importations des autres pays du Maghreb est encore très faible, dit l’équipe du professeur Azzam Mahdjoub.

La faiblesse de la complémentarité du commerce au sein de l’UMA s’expliquerait ainsi par la forte concentration des exportations qui représente un obstacle de taille à l’intégration productive, relève la même source.

L’étude fait état aussi de la non-intégration financière du Maghreb. L’autre obstacle évoqué est l’inadaptation de l’infrastructure dans certains cas.

Il est à relever que l’intégration du Maghreb, qui constitue l’un des objectifs phares des mouvements nationaux des pays de la région, n’a enregistré aucune avancée concrète, depuis la conférence de Tanger en 1956 et la création de l’Union du Maghreb Arabe en 1989.

Agnès Molitor

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