Environ 800 personnes célèbrent à Lyon la chute de Ben Ali en Tunisie

Environ 800 personnes, selon la police, ont manifesté samedi à Lyon pour célébrer la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, aux cris notamment de « Ben Ali assassin, Ghannouchi complice ».

Organisée avant l’annonce de la fuite en Arabie Saoudite du président, la manifestation, qui est passée sous les fenêtres des consulats algérien puis tunisien – protégés par la police -, s’est transformée en démonstration de liesse, de nombreux Tunisiens chantant l’hymne national, certains arborant un drapeau du pays sur les épaules.

En milieu d’après-midi, plusieurs centaines de Tunisiens continuaient d’arpenter le centre-ville sous le soleil, en chantant et brandissant des drapeaux.

« On veut que Ben Ali soit jugé par le peuple, qu’il paie pour le sang qu’il a versé », a réclamé Fatia Magnoun, une Tunisienne arrivée en France en 1968.

Beaucoup de manifestants exigeaient également le départ de Mohammed Ghannouchi, Premier ministre sortant qui avait été nommé vendredi président par intérim après la fuite de Ben Ali, et qui a été remplacé samedi matin par le président du Parlement.

« Je suis très content, mais je veux que Ghannouchi quitte le pouvoir, ainsi que tout le parti RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique, parti au pouvoir), qui sont tous des corrompus », a ainsi déclaré Riad Chtara, étudiant.

Dans le cortège, qui comprenait des membres de nombreux partis français de gauche et d’extrême gauche, on pouvait voir des banderoles proclamant « Ben Ali assassin, Etat français complice » ou « Non à la bande à Ghannouchi ».

« Il n’y a pas que Ben Ali qui doit partir. Il faut démanteler les rouages de la dictature, du parti-Etat qui règne depuis l’indépendance », a renchéri Chérif Ferjani, universitaire co-organisateur de la manifestation.

« Nous demandons un gouvernement transitoire qui représente toutes les composantes de la société civile et de l’opposition politique puis l’organisation d’élections générales dans les 60 jours, comme le prévoit la Constitution », a-t-il poursuivi.(AFP)

Martin Levalois

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