Afrique : La défaite de Gbagbo est une leçon pour le continent

Afrique : La défaite de Gbagbo est une leçon  pour le continent

gbagbo-furieuxHormis le drame humain, accepter le partage du pouvoir, en cote d’ivoire,  aurait été la pire solution  entre Allassan Ouatara et Laurron Gbagbo. Cela aurait signifié que les élections ne servent à rien en Afrique, « puisque les deux adversaires principaux finiront par se répartir les postes de président et de premier ministre» tout comme au Kenya et  au Zimbabwe.
Des poids lourds africains ont pourtant longtemps penché en faveur de ce compromis, et il a fallu attendre le 10 mars pour que des pays comme l’Angola et l’Afrique du Sud acceptent les résultats du 28 novembre 2010 et reconnaissent Ouattara comme le vainqueur, permettant alors à l’Union africaine de faire de même.

Est-ce à dire que le continent,  où ont lieu 18 élections présidentielles,  verra la fin des scrutins frauduleux ?  Cela n’est pas évident quand on voit que  la moitié des pays d’Afrique francophone ont  des Constitutions permettant au président de se représenter indéfiniment, ce qui n’encourage pas à lâcher le pouvoir. Mais la victoire finale de Ouattara donnera   des idées aux peuples.
En outre, le triomphe d’Alassane Ouattara n’est pas dû seulement à l’appui de l’Union africaine et de la CEDEAO, mais aussi  au rôle de l’ONU, qui a certifié l’élection,  à la demande des deux candidats, même si Laurent Gbagbo a ensuite dénoncé la supposée partialité des Nations unies. Cette nouveauté inspire des opposants comme ceux de la République démocratique du Congo, qui ont demandé au président Joseph Kabila de s’engager à une certification onusienne de la présidentielle de novembre prochain.
Il y aurait aussi des réalités moins reluisantes. Selon des connaisseurs africains du dossier, Ouattara a bénéficié autant d’un appui militaire discret que d’une aide diplomatique. Le Nigeria, qui prépare lui aussi une élection présidentielle,  aurait préféré envoyer armes et conseillers aux forces pro-Ouattara. Ce qui expliquerait la rapidité de leur progression et leur stratégie sophistiquée d’encerclement d’Abidjan.

 

Martin Levalois

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