La « japonisation » menace l’économie américaine

La « japonisation » menace l’économie américaine

Depuis quelques années déjà, des experts et analystes des marchés financiers suivent l’évolution d’un « virus » financier venu du Japon, baptisé la « japonisation ».

Ce « virus » n’est ni biologique ni contagieux, mais continue de progresser au sein des économies développées. Il se caractérise par des taux d’intérêt bas sur les titres d’emprunts à l’instar du niveau de l’inflation et de la croissance économique.

Après l’Europe, c’est au tour des Etats-Unis d’Amérique de faire face au phénomène de la « japonisation », dont les effets pourraient être toutefois différents dans le pays de Donald Trump, indiquent les analystes économiques.

Selon John Pattullo, analyste chez Janus Henderson, ce « virus » qui avait déjà atteint l’Europe est désormais en train de s’installer aux Etats-Unis, ajoutant que malgré plus de 2000 milliards de dollars, (l’équivalent du PIB de toute l’Afrique), de stimulus au sein de l’économie pour faire face à la Covid-19, les Américains sont entrés eux aussi dans le cycle de faibles taux d’intérêt, faible croissance et faible niveau d’inflation.

En revanche, pour Sonia Renoult, analyste de Risk Magazine, ce qu’on appelle la « japonisation » des économies n’est pas une mauvaise chose. Il suffit de lire des indicateurs autres que la croissance du PIB ou de l’inflation, a-t-elle fait noter. Plus importantes encore sont des données sur la qualité de vie des populations, et celle de l’éducation, ajoute Sonia Renoult.

De ce point de vue, il est à relever que l’économie du Japon et celles des pays développés d’Europe qui sont déjà « japonisées » affichent de solides performances en termes de productivité ou de fonctionnement des systèmes démocratiques.

Mais il n’est pas certain, nuancent les économistes, qu’on apprécie la situation à juste titre aux Etats-Unis. La première puissance économique mondiale fait aujourd’hui face à un niveau de chômage sans précédent surtout chez les jeunes qui sont les principaux moteurs de la consommation.

D’après les nouvelles prévisions sur l’économie américaine, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) est désormais attendue à -4,9% pour 2020 et une reprise espérée en 2021 (+2%).

La Banque centrale américaine a récemment indiqué qu’elle cible désormais une inflation au-delà du seuil de référence de 2%, afin d’obtenir plus de points de croissance. Cela signifie que les taux d’intérêt sur les obligations seront à des niveaux proches de zéro pour une longue période encore. 

Martin Levalois

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