Cemac : sommet d’urgence à Brazzaville face à une situation économique sous tension
Un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) se tient ce jeudi 22 janvier à Brazzaville, dans un contexte de fortes inquiétudes économiques. En ouverture de sa présidence à la tête de l’organisation régionale, le président congolais Denis Sassou-Nguesso doit composer avec une conjoncture jugée préoccupante, après une alerte récente du Fonds monétaire international (FMI) adressée aux États membres.
Premier motif d’inquiétude : l’érosion rapide des réserves de change de la région, désormais estimées à un peu plus de quatre mois d’importations. Cette baisse s’explique principalement par la chute des recettes d’exportation, liée au recul des cours des matières premières, pilier des économies d’Afrique centrale.
À cela s’ajoute une hausse marquée des dépenses publiques. Plusieurs pays, dont le Gabon, le Tchad et la Guinée équatoriale, affichent des déficits budgétaires supérieurs aux normes communautaires. Des analystes évoquent une « indiscipline budgétaire », aggravée par des échéances de remboursement de dettes importantes attendues cette année, qui risquent d’accentuer la pression sur les finances publiques et sur le cadre macroéconomique régional.
Si des rumeurs de dévaluation du franc CFA ont circulé, elles ont été rapidement démenties : cette option n’est pas envisagée. Les documents préparatoires du sommet mettent plutôt en avant d’autres leviers, comme l’alignement des budgets sur les engagements internationaux, la poursuite des programmes avec le FMI, le rapatriement des avoirs détenus hors de la zone Cemac et la sécurisation du secteur bancaire.
Dans ce contexte tendu, le Gabon a annoncé le lancement d’un programme de croissance avec l’appui du FMI, axé sur une meilleure gouvernance et une harmonisation budgétaire, alors que la région reste confrontée à un climat social de plus en plus sensible.
