Ces « quadras » du public sur lesquels compte le nouveau gouvernement marocain (1/5) : le groupe Al Omrane

Ces « quadras » du public sur lesquels compte le nouveau gouvernement marocain (1/5) : le groupe Al Omrane

kanounimdmLe nouveau gouvernement marocain a été mis en place il y a moins d’une semaine,  et les nouveaux ministres ont déjà fort à faire en matière de mise en place de leur stratégie, au vu des attentes énormes. Pour cela, ils vont devoir s’appuyer sur une génération de « quadras » à la tête d’institutions et d’établissements publics, en charge de l’exécution de l’ambition du gouvernement. Le Magazine du Manager a choisi de faire le portrait de cinq d’entre eux. Premier de notre série, le groupe Al Omrane et son patron Badr Kanouni. Plongée au cœur de l’habitat du Royaume.

Discret, le regard vif et l’allure fringante, Badr Kanouni, nommé  à la tête d’Al Omrane en 2010,  assume pleinement sa carrière effectuée jusqu’alors dans le secteur privé, notamment au sein d’une multinationale du textile, Settavex, qui a investi massivement au Maroc. Cette expérience dans une firme multinationale, Kanouni l’a mise au service d’un chantier de transformation du Groupe Al Omrane, notamment au niveau de sa gouvernance ou de son approche avec les différentes filiales. Jouissant de la confiance des décideurs l’homme semble jusque là faire le consensus au niveau de l’action de fond menée au sein de la holding spécialisée dans l’habitat, malgré des crispations dues notamment à aux résurgences de dossiers anciens non soldés à ce jour, pour lesquels Kanouni a constitué une équipe responsable de leurs traitements.

Il faut dire qu’Al Omrane n’est pas n’importe quelle entreprise publique.  De création récente – le groupe est le fruit d’une fusion de plusieurs établissements publics opérée au milieu des années 2000- Le Groupe Al Omrane a été crée dans un contexte particulier, marqué par la volonté de l’Etat marocain de lutter contre la prolifération de l’habitat insalubre et d’ériger le secteur de l’habitat et de l’aménagement de l’espace urbain en priorité nationale.

« Al Omrane est devenu le bras armé de l’Etat pour l’exécution de la politique publique marocaine dans le domaine de l’habitat. »

En cette qualité, le groupe  tire les fondements de son action d’un triptyque composé de la nouvelle constitution adoptée en Juillet 2011 qui redistribue les pouvoirs, des orientations du roi Mohammed VI ,  ainsi que du Programme gouvernemental en cours d’amendement depuis la reconfiguration de l’éxécutif.

Al Omrane  s’est donc vu investi de la mission de devenir le véritable instrument opérationnel d’une volonté nationale actée dans le texte suprême du pays, sa constitution, ce qui constitue à la fois une chance en termes de légitimité pour porter l’action de l’Etat dans le domaine de l’habitat, mais également une lourde responsabilité pour ceux qui pilotent l’institution, car situant de fait l’institution au cœur d’intérêts parfois contradictoires, et de convoitises souvent acérées de la part des multiples parties prenantes économiquement intéressées avec lesquels le groupe doit traiter .

Cette mission est d’autant plus délicate  -et méritoire- qu’elle bénéficie de l’appui du souverain marocain , très impliqué dans tous les projets touchant à l’habitat, que ce soit dans l’impulsion mais également dans le suivi des grands chantiers pilotés par Al Omrane. 

Ainsi positionné au cœur de l’action des pouvoirs publics dans le domaine de l’habitat, il est devenu inévitable pour le groupe d’effectuer sa mue en termes managériaux et d’amélioration de la gouvernance, afin de substituer à un système ayant montré ses limites un véhicule managérial  plus performant, plus rationnel et plus efficace. L’objectif poursuivi par le Président du directoire d’Al Omrane, Badr Kanouni, étant de mettre à niveau à la fois la structure institutionnelle et le maillage opérationnel, constitué de plusieurs sociétés filiales dans le cadre d’une gestion décentralisée et collégiale.

En 2011, le Groupe s’est ainsi engagé dans de profondes réformes managériales, inaugurant une profonde modernisation de la gestion, le développement et la mutualisation de l’expertise métier, le renforcement de la transparence et la consolidation des principes de bonne gouvernance qui ont été érigés en priorités par le nouveau gouvernement.

En termes de couverture territoriale, la large implantation d’Al Omrane prend appui sur 58 représentations locales (holding, filiales et agences). Ce mode d’organisation et de gouvernance novateur, place donc le groupe parmi les organismes pionniers à s’inscrire dans la régionalisation.  En ce sens, le Groupe Al Omrane  a déjà pris à son compte le grand projet de réforme territoriale nationale marocaine, et déploie une stratégie d’intelligence des territoires qui lui permet d’être au plus  près des problématiques locales, des spécificités régionales tout en déployant une politique publique nationale.

Pour cela, le projet de création d’une entité de veille stratégique a été déployé au niveau de la Présidence, afin de prendre le pouls des régions en temps réel, et de s’assurer que la solidarité territoriale s’exerce pleinement.

 

« Une anticipation territoriale qui place le GAO en groupe véritablement GLO-CAL. »

Conscient de ce rôle, Al Omrane place le développement humain et l’inclusion sociale au centre de ses préoccupations. C’est dans ce sens que le Groupe contribue à l’effort national de production de logements sociaux, principalement pour les plus démunis,  en investissant les segments et territoires en déficit, tout en stimulant la promotion privée et la qualité urbanistique et architecturale. De ce fait, il consolide son positionnement d’opérateur privilégié de l’Etat et des Collectivités territoriales pour la résorption de toutes les formes d’ l’habitat insalubre. Ceci lui a permit d’affiner, puis d’affirmer sa vocation d’aménageur de référence à l’échelle nationale, à travers la valorisation du foncier public et la promotion des  partenariats public/privé (PPP). A un niveau plus stratégique, le groupe Al Omrane inscrit son action dans des temps longs et accompagne le développement des villes en impulsant de  grands projets urbains intégrés et équilibrés sur le plan urbanistique, social, économique et environnemental.

Al Omrane a, en outre, inscrit le partenariat avec les collectivités territoriales et locales comme l’un des axes stratégiques de son développement. Pour cela, un dialogue permanent a été instauré avec les parties prenantes locales. Le but est de prendre en compte leurs  contraintes ainsi que les souhaits des populations concernées en termes d’habitat. C’est grâce à cette approche conjuguant travail de proximité et réformes managériales que le Groupe a réussi à mettre en chantier près de 200.000 unités de logements par an. Ceci, en maintenant l’investissement moyen entre 6 et 7 milliards de dirhams malgré un contexte peu favorable dans le secteur.

 En effet, les chiffres du Haut Commissariat au Plan marocain  confirment le ralentissement des activités dans le secteur du bâtiment à fin 2012 et une poursuite de la tendance jusqu’à la mi-2013. Les créations d’emplois dans le BTP ont poursuivi leur tendance baissière pour le troisième trimestre successif, alors que les prévisions pour le premier trimestre 2013 tablent sur une quasi-stagnation de la valeur ajoutée du secteur en comparaison avec la même période une année auparavant.

Ce ralentissement démontre a posteriori le caractère exceptionnel des années s’étalant de 2007 à 2010. Une  période marquée par le lancement de villes nouvelles, de ZUN et du programme de logement social à 250.000 DH. Toutefois, en dépit de cette conjoncture, Al Omrane maintient ses objectifs de développement en opérant un recentrage des activités de  ses filiales sur sa mission sociale. L’objectif est d’intensifier la production d’unités (lots et logements) destinés à la résorption de l’habitat insalubre et à la prévention de sa prolifération, que ce soit par les moyens propres du Groupe ou en collaboration avec ses partenaires.

 

 

Aliste Flandrain

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