Le Sahel, une région à surveiller dans la lutte contre l’extrême pauvreté en Afrique

Le Sahel, une région à surveiller dans la lutte contre l’extrême pauvreté en Afrique

La région du Sahel qui s’étend de la Mauritanie jusqu’au Tchad en traversant le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est importante aux yeux de la Banque mondiale dans la lutte contre l’extrême pauvreté dans le monde, a souligné dans une tribune, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Ousmane Diagana.

«Dans cette région où 80 % des personnes vivent dans la pauvreté extrême, c’est-à-dire avec moins de 1,9 dollar par jour, et travaillent dans l’agriculture, la hausse de température provoquée par le changement climatique, qui est une fois et demie plus rapide que dans le reste du monde, a des conséquences dramatiques», prévient Diagana.

Selon les statistiques rapportées par ce haut cadre de la Banque mondiale, plus de 11 millions de Sahéliens sont menacés par la famine et 40 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’une sous-alimentation et d’un retard de croissance.

«Avec une moyenne de 6,4 enfants par femmes et une population qui devrait plus que doubler d’ici 2050, dont la moitié aura moins de 15 ans, la croissance économique reste insuffisante pour offrir une instruction adaptée, fournir des emplois pour tous, des services publics de qualité et améliorer le quotidien des Sahéliens», analyse ce vice-président de la Banque mondiale.

Cette situation précaire dans le Sahel devient de plus en plus inquiétante à cause des conflits qui augmentent et font le lit du terrorisme. «L’année dernière, la région a connu plus de 1.000 événements violents qui ont coûté la vie à près de 8.000 personnes et contraint plus d’un million et demi de personnes à fuir», a-t-il ajouté.

«La Banque mondiale ne pourra pas remplir sa mission d’éliminer la pauvreté extrême en Afrique si elle ne donne pas la priorité au Sahel», a-t-il souligné Ousmane Diagana est revenu sur les initiatives entreprises par son institution pour réduire les causes profondes de fragilités dans ces pays vulnérables.

Il a enfin annoncé que «la Banque mondiale prévoit d’intensifier son action au Sahel au cours des trois prochaines années en accordant un financement record de 8,5 milliards de dollars».

Agnès Molitor

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