Algérie : Les salaires des travailleurs exacerbent la tension sociale

Algérie : Les salaires des travailleurs exacerbent la tension sociale
Alors que les élections législatives sont à peine terminées, le nouveau gouvernement algérien voit se dresser devant lui un défi de taille, celui de calmer la fronde sociale qui dure depuis un moment déjà et est en train d’aller crescendo. Le monde du travail est le principal concerné par la contestation.

Le salaire de nombreux travailleurs ne leur permet plus de nouer les deux bouts du mois. Les grèves générales se multiplient un peu partout. Les secteurs de la santé et de l’enseignement sont les plus sensibles. Les spécialistes de la santé sont en grève illimitée depuis le 29 avril dernier et le secteur de l’éducation est régulièrement paralysé par un mouvement de protestation continu mené par l’UNPEF (Union Nationale des Personnels de l’Education et de la Formation professionnelle) qui réclame entre autres le rétablissement de la prime de responsabilité. 300 cités universitaires sont déjà paralysées par plusieurs mouvements de protestation et plusieurs grèves de la faim comme celle des 16 travailleurs licenciés de Cervital sont toujours en cours. Le gouvernement a bien tenté de rectifier le tir après les émeutes de janvier 2011 notamment en subventionnant certains produits de base et en relevant le SNMG (Salaire National Minimum Garanti) à 243 dollars.
Mais cette dernière mesure particulièrement incite les travailleurs à en demander davantage. Une exigence qui se justifie quant on compare ce SNMG aux 223 et 333 dollars de ceux respectivement du Maroc et du Liban qui ne sont pourtant pas des pays pétroliers et à celui du voisin pétrolier qu’est la Libye où il est de 404 dollars. Plusieurs observateurs dont le FMI appellent le nouveau gouvernement à adopter une politique salariale claire pour rassurer les travailleurs.

Martin Levalois

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.